Que partagent donc La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Philippe Delerm et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain
de Jean-Pierre Jeunet ? Réponse : l’art de nous transporter dans leur univers grâce à mille menus détails qui mettent tous nos sens en éveil.
Quand l’un de ses personnages allume une cigarette, Jean-Pierre Jeunet ne filme pas quelqu’un qui fume. Il nous fait plutôt vivre le spectacle d’une cigarette qui se consume : d’abord le crépitement du papier qui s’enflamme, puis la savoureuse inspiration de la première bouffée, combinée à l’incandescence écarlate des mille petites feuilles de tabac qui s’allument.
Pour réussir à traiter toutes ces intenses expériences sensorielles simultanément, notre cerveau doit déléguer le reste au subconscient. Nous « oublions » alors la réalité l’espace d’un instant : nous perdons la conscience du lieu, du temps, des sensations du moment pour nous plonger complètement dans l’univers de Jeunet.
C’est à la fois l’intensité des expériences décrites et la sollicitation de tous nos sens qui rend irrésistible ce type de scène. La chaleur est brûlante, le rouge est vif, l’inspiration est lente et profonde, le crépitement (d’habitude presque inaudible) remplit l’espace. L’expérience est à la fois intensément visuelle, olfactive, auditive, gustative, et tactile.
Si vous aussi vous voulez captiver l’imagination de vos interlocuteurs et démultiplier ainsi la puissance du storytelling, pensez donc à éveiller tous les sens intensément. Insérez mille petits détails et descriptions. Ils devront non seulement être facile à visualiser, mais encore plus facile à sentir, à toucher, à savourer…
A bientôt !
jeudi 17 juillet 2008
Storytelling : mettez tous les sens en éveil
samedi 12 juillet 2008
Faites la chasse aux "Moi, je" dans la conversation
Enfin ! Après quelques minutes d'efforts pour focaliser la conversation sur les émotions et favoriser le développement des pensées de votre interlocuteur grâce aux questions ouvertes, un sujet qui vous passionne surgit : la culture brésilienne, nos sites web favoris, l'hypnothérapie... C'est plus que jamais le moment de tenir bon, et d'éviter le syndrome du "Moi, je..." !
Quand Thibault nous invite, à très juste titre, à bannir le terrible "Et toi?" sur Palsambleu!, pensez tout autant à faire la chasse aux "Moi, je...". C'est vrai, il est parfois irrésistible de placer son expérience, son anecdote quand un sujet nous passionne. Ce faisant on se prive parfois de vraies découvertes et on peut se priver de la chance d'approfondir la conversation.
Votre collègue revient à peine de trois semaines de vacances :
- [Vous] Alors, où étais-tu ?
- [Collègue tout beau tout bronzé] J'étais au Brésil, à Rio de Janeiro. J'ai adoré.
- [Vous] Moi aussi j'y suis allé l'an dernier. Blablabla moi je moi je moi je...
Pas si grave me direz vous, si vous renvoyez rapidement la balle avec par exemple un "Comment as-tu trouvé la musique brésilienne ?". Sauf que l'on a tendance à être intarissable sur les sujets qui nous passionnent... On passe ainsi les trois quarts de la pause café à parler de nos expériences. Frustrant pour le collègue qui brûle d'envie de raconter son fabuleux voyage, dommage pour nous qui perdons une occasion d'en savoir plus sur la personnalité de notre collègue et peut-être sur les merveilles du Brésil.
Pensez donc à remplacer le réflexe du "Moi, je" par une question ouverte pour inciter votre interlocuteur à développer, à approfondir sa pensée.
- [Vous] Alors, où étais-tu ?
- [Collègue tout beau tout bronzé] J'étais au Brésil, à Rio de Janeiro. J'ai adoré.
- [Vous]. Super, raconte moi ce que tu as préféré là-bas !
- [Le Collègue développe ses émotions, décrit les paysages et ses expériences brésiliennes]
Pensez-y pour muscler encore plus votre petite conversation ;-)
Crédit Photo : carf - Certains droits réservés (licence Creative Commons).
jeudi 10 juillet 2008
Musclez votre petite conversation !
Ah la peur du blanc. Le trou, juste là, au milieu de la conversation. Vous avez certainement déjà vécu ce léger malaise qui traverse la conversation quand on arrive au bout d'un sujet et que toutes les banalités ont été épuisées.
Parler pour ne rien dire semble pourtant bien être une sorte de mal nécessaire. C'est le plus souvent au détour d'une longue conversation qu'on tombe sur une pépite : une idée géniale, une passion commune, un ami qui nous rapproche. C'est aussi indispensable de savoir maintenir une conversation suffisamment pour faire connaissance.
Les anglophones appellent ça le fluff talk. L'art de mener une conversation à la fois légère et intéressante. Difficile pour les plus exigeants d'entre nous, pour qui parler de la pluie et du beau temps ressemble le plus souvent à une simple perte... de temps justement.
Il existe en fait trois règles d'or pour animer une conversation légère de ce type, pour exceller dans l'art indispensable des discussions inutiles ;-)
1. Orientez la conversation sur les émotions plutôt que sur les faits
2. Donnez toujours quelques détails et anecdotes en plus
3. Relancez la conversation par des questions ouvertes
Un exemple. Vous rencontrez quelqu'un dans une soirée qui vous demande où vous habitez, classique.
Scénario 1 :
- Moi, j'habite à Paris à côté de la place d'Italie [les faits, juste les faits]. Et vous ?
- Moi, j'habite à Montreuil. [Et pouf, gros blanc. Le factuel s'épuise et ennuie très rapidement]
Scénario 2 :
- Moi, j'habite à la Butte-aux-Cailles à côté de la place d'Italie. Un quartier vraiment sympa pour sortir boire un verre entre amis [détails en plus], comment trouvez-vous l'ambiance parisienne ? [focus émotions + question ouverte]
- J'aime beaucoup l'histoire et la vie trépidante des rues de Paris, même si cela n'a pas toujours été le cas blablabla...
Le focus sur les émotions donne ainsi plus de passion à la conversation et les détails viennent alimenter la question ouverte. La question ouverte incite l'autre à développer sa pensée, ses sentiments ce qui entretien naturellement la conversation et la rend intéressante.
Je suis très preneur de vos astuces et commentaires sur ce sujet passionnant.
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Crédit Photo : simple mike - Certains droits réservés (licence Creative Commons).
lundi 7 juillet 2008
Storytelling : pensez aux dialogues pour animer vos histoires
Mais qu'est-ce qui rend les deux cactus cette photo aussi vivants ? D'après vous ?... Le fait qu'ils semblent dialoguer peut-être bien !
Voilà une astuce toute simple pour mieux captiver votre interlocuteur lorsque vous avez décidé d'utiliser le storytelling, ou plus simplement de raconter une belle histoire à vos enfants.
Ainsi, au lieu de raconter
Ce matin, j'ai croisé une très bonne amie d'enfance. On était tellement émus que nous avons convenu de nous revoir très bientôt !
Pourquoi ne pas utiliser la forme suivante ?
Ce matin, j'ai croisé Elsa, une très bonne amie d'enfance. C'est elle qui m'a reconnu "Fabien, tu te souviens de moi ?", j'ai mis quelques secondes à réaliser "Elsa ?... Ben ça alors c'est toi ? Je pensais bien ne jamais te revoir". Elle m'a répondu en me regardant au fond des yeux "Oui, on n'aurait jamais dû se fâcher sur coup de tête comme ça - je suis préssée, mais voilà mon numéro appelle-moi ce week-end".
Le dialogues vous transportent au coeur de l'histoire et permettent de faire passer plus d'émotion que des descriptions, aussi évocatrices soient-elles.
Pensez-y à chaque fois que vous racontez une histoire !
Crédit Photo : shenghung lin - Certains droits réservés (licence Creative Commons).
