jeudi 10 juillet 2008

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petite conversation

Ah la peur du blanc. Le trou, juste là, au milieu de la conversation. Vous avez certainement déjà vécu ce léger malaise qui traverse la conversation quand on arrive au bout d'un sujet et que toutes les banalités ont été épuisées. Vous ne maîtrisez pas encore l'art du small talk, ou autrement dit le grand art de la petite conversation.

Parler pour ne rien dire semble pourtant bien être une sorte de mal nécessaire. C'est le plus souvent au détour d'une longue conversation qu'on tombe sur une pépite : une idée géniale, une passion commune, un ami qui nous rapproche. C'est aussi indispensable de savoir maintenir une conversation suffisamment pour faire connaissance.

Les anglophones appellent ça le fluff talk ou small talk. L'art de mener une conversation à la fois légère et intéressante. Difficile pour les plus exigeants d'entre nous, pour qui parler de la pluie et du beau temps ressemble le plus souvent à une simple perte... de temps justement.

Il existe en fait trois règles d'or pour animer une conversation légère de ce type, pour exceller dans l'art indispensable des discussions inutiles ;-)
1. Orientez la conversation sur les émotions plutôt que sur les faits
2. Donnez toujours quelques détails et anecdotes en plus
3. Relancez la conversation par des questions ouvertes

Un exemple. Vous rencontrez quelqu'un dans une soirée qui vous demande où vous habitez, classique.

Scénario 1 :
- Moi, j'habite à Paris à côté de la place d'Italie [les faits, juste les faits]. Et vous ?
- Moi, j'habite à Montreuil. [Et pouf, gros blanc. Le factuel s'épuise et ennuie très rapidement]

Scénario 2 :
- Moi, j'habite à la Butte-aux-Cailles à côté de la place d'Italie. Un quartier vraiment sympa pour sortir boire un verre entre amis [détails en plus], comment trouvez-vous l'ambiance parisienne ? [focus émotions + question ouverte]
- J'aime beaucoup l'histoire et la vie trépidante des rues de Paris, même si cela n'a pas toujours été le cas blablabla...

Le focus sur les émotions donne ainsi plus de passion à la conversation et les détails viennent alimenter la question ouverte. La question ouverte incite l'autre à développer sa pensée, ses sentiments ce qui entretien naturellement la conversation et la rend intéressante.

Je suis très preneur de vos astuces et commentaires sur ce sujet passionnant.

Pour aller plus loin vous pouvez aussi consulter le livre de Florence La Bras, Small talk ainsi que le livre de Debra Fine Le Grand Art de la Petite Conversation.

Découvrez mille autres astuces et conseils sur Mille Petits Riens  !

12 commentaires:

Sébastien Night a dit…

Un autre point très important : l'écoute. En pratiquant l'écoute active, on aura toujours de quoi discuter. Et les autres adorent parler d'eux-mêmes, de leurs émotions et de leurs aspirations (même les timides, quand on sait les inciter à se lancer).

Sébastien

Fabien a dit…

100% d'accord, merci Sébastien. Je prévois un article dédié à l'écoute active prochainement : un art à part entière pour beaucoup d'entre nous.

Les questions ouvertes feront aussi l'objet d'une article à part. Elles sont fondamentales elles aussi.

Je recommande vivement ton site et la technique PRINCE à ceux qui s'intéressent à la séduction. A+

Yanzi a dit…

Merci pour tout vos conseils, je vous lis très régulièrement (vive les fils rss ) bonne continuation

My Name Is Earl a dit…

Au passage, je vous conseille un excellent bouquin sur la pratique du SmallTalk;
Ca m'a pas mal aidé à une époque où les conversations avec les gens m'ennuaient;
Ca m'a donné goût à la petite conversation;
Le bouquin est « Le grand Art de la petite conversation (Small Talk) » de Debra Fine
(http://www.amazon.fr/grand-petite-conversation-Small-Talk/dp/2848991089/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1215767520&sr=8-1)

Argancel a dit…

Ce que tu dis à propos de discuter sur le mode des émotions, peut-être que ça peut expliquer que les femmes, qui sont en général plus émotives, discutent plus que les hommes.

patricia a dit…

Certaines questions lors des entretiens de recrutement semblent bloquer les candidats, pensez-vous que cette méthode pourrait aider le candidat à mieux se mettre en valeur ?

Fabien a dit…

Bonjour Patricia,

La méthode des questions ouvertes : très certainement. Faire parler le candidat de ses émotions, c'est beaucoup plus délicat - ne serait-ce que d'un point de vue éthique / juridique.

Pour aider les candidats à développer, je fais plutôt appel à leur mémoire d'une expérience concrète. Ex. Racontez moi un succès dont vous êtes particulièrement fier. S'il cale : dans votre expérience professionnelle, par exemple lors de ce stage que vous mentionnez dans votre CV...

N'hésitez pas à consulter aussi les autres articles de Mille Petits Riens pour plus d'astuces : http://1000petitsriens.blogspot.com/

Bien cordialement
Fabien

Altaïr a dit…

Bonjour Fabien,

bravo pour cet article qui donne un conseil de base mais essentiel à tous ceux qui sont complexés par leur manque de conversation.

Altaïr
http://www.stop-timidite.fr

Fabien a dit…

Salut argancel : j'ai tendance à penser comme toi ;-)

By the way : bravo pour ton blog dont je suis un lecteur assidu : http://ceclair.fr/

Fabien

Anonyme a dit…

Petite astuce aussi pour relancer une conversation qui s'épuise :

Répeter la fin de la phrase de l'autre sur un ton interrogatif. ça pousse l'interlocuteur à développer ce qu'il dit.
ça peut paraître bizarre comme ça, mais ça passe très bien à l'oral.

Ex :
- ce we, j'ai acheté un ordinateur portable.
- un ordinateur portable ?
- oui j'en ai besoin pour le boulot, c'est un gros investissement, mais je suis tombé sur une bonne occasion...blablabla

Anonyme a dit…

Intéressant...moi je cherche aussi à améliorer les conversations avec les gens. Les gens ont souvent beaucoup de choses à raconter, aiment parler, sont des grands bavards...je trouver que c'est tellement plus facile d'écouter plutôt que de s'impliquer et oser s'exprimer lors d'une conversation. Mais moins on parle et plus c'est pire.

amina a dit…

Il y a plein de moyen de maintenir une conversation en vie mais en fonction du contexte, je trouve aussi que laisser des blancs dans la discussion n'est pas gênant. Avec mes proches ça ne me dérange absolument pas, je préfère ça que de parler du temps qu'il fera demain. Ton livre semble tres interessant quand il s'agit justement d'entretenir une conversation "sociale" (diner d'affaire, reception,...) où l'on va rencontrer des personnes que l'on ne connait pas ou peu.